Trouver le chemin de la résilience, c’est  quitter le désarroi du deuil, pour retrouver, pas à pas,  la capacité à prendre soin de soi, à s’écouter, à contacter le désir et la vie.
Certains le font tôt ou tard avec naturel, pour d’autres ce chemin est ardu: mais on sait maintenant qu’on peut retrouver les qualités résilientes en acceptant d’être aidé et guidé.

La perte d’un proche, d’une amie, d’un compagnon de vie, d’un enfant, la perte quelle qu’elle soit se révèle être une expérience très traumatisante pour la plupart des endeuillés. Elle entre dans la liste tragique des événements  qui affectent profondément le mouvement de vie de chaque être humain.  La perte impose des bouleversements au niveau personnel et au niveau social, bouleversements pour lesquels, chacun aura à faire face, avec plus ou moins de difficultés selon son tempérament, ses moyens et ses ressources psychologiques personnels.

Le deuil est une traversée au long cours qui demande à faire face au choc émotionnel, à endurer la douleur du chagrin sous toutes ses formes et à plonger dans des épisodes dépressifs dont on n’évalue pas la durée. Au long de cette traversée, on peut se sentr fragilisé, démuni, incompris, découragé, incapable de continuer . Après avoir erré dans les dédales du chagrin, l’endeuillé accepte que cette perte a eu lieu et accepte aussi de retrouver le chemin de la vie.” Vais-je pouvoir surmonter cette épreuve? Ou trouver l’énergie? Comment avoir la force de faire face aux difficultés conséquentes à ce deuil? Comment retrouver l’envie ? Comment recontacter la confiance nécessaire pour entamer une nouvelle vie? Ou retrouver l’étincelle de vie, d’envie, de désir? Comment développer la capacité de trouver des solutions? Suis-je capable d’aimer encore?” Telles sont quelques unes des questions que l’endeuillé se pose. Chacune de ces questions fait appel à des capacités de  résilience.

Le mot résilience, d’origine anglaise, signifie rebond, capacité à rebondir. C’est une qualité qui, dans le terme américain “resiliency” employé en physique, désigne la capacité d’un objet tordu à reprendre sa forme initiale. Par extension, les psychologues John Bowlby et Boris Cyrulnik, ont emprunté le terme résilience pour désigner la capacité, pour un être humain, à rebondir après un traumatisme, à retrouver une dynamique constructive dans leur vie.

D’abord étudiées auprès de personnes ayant vécu des situations dramatiques durant l’enfance, les qualités favorisant la résilience définissent un certain nombre de caractéristiques et d’aptitudes propres au tempérament des individus résilients tels que: un bon fonctionnement intellectuel avec une capacité à poser et à résoudre les problèmes, une bonne estime de soi et confiance en soi, une vision positive de la vie, une habileté à entretenir des relations intimes sexuelles ou sociales, un tempérament facile associé à un sentiment de sécurité, l’existence d’un système de croyances (foi, éthique), l’humour, une bonne gestion de l’anxiété…. Des facteurs extérieurs entrent également dans la construction d’une meilleure résilience comme la protection familiale et la fréquentation de groupes sociaux soutenants. Ces qualités, ces facteurs de développement entrent en partie ou en majorité dans la définition d’un tempérament résilient construit durant l’enfance, tempérament qui favorise la capacité à résister à un traumatisme et à se reconstruire après lui. Ces qualités peuvent être élaborées et développées avec un suivi thérapeutique à tout âge.

L’étude de la résilience chez l’être humain ne s’attache pas uniquement aux enfants ni aux traumatismes de l’enfance, mais aussi, aux parcours des adultes face à des situations stressantes qui provoquent de la souffrance. Le deuil fait partie des situations qui laissent certaines personnes démunies pour reconstruire leur vie après la perte.

Outre un bilan sur leurs capacités de résilience, les personnes endeuillées qui recherchent de l’aide, trouveront un appui dans une démarche thérapeutique qui inclut la résilience: elles  peuvent ainsi apprendre à développer  de nouvelles capacités de résilience, trouver en elles  les ressources nécessaires pour ne pas céder à la culpabilité, apprendre à mettre à distance les émotions, prendre des initiatives personnelles justes, et mettre en place des solutions progressives, adaptées aux étapes de leur deuil.

Trouver le chemin de la résilience, c’est  quitter le désarroi du deuil, pour retrouver, pas à pas,  la capacité à prendre soin de soi, à s’écouter.  Trouver une consolation est impossible  mais apprendre à  apprivoiser en douceur….chacun à sa manière… c’est sensiblement voguer et évoluer … vers soi et vers les autres…  voguer à nouveau sur le mouvement de la vie…construire… poursuivre avec ce que l’absent nous a laissé.