« Au lieu d’essayer perpétuellement d’obtenir des circonstances extérieures idéales, il faut commencer par contrôler l’intérieur : notre physiologie »

Docteur David Servan-Schreiber, « Guérir »

 

Le grand chef d’orchestre Herbert von Karajan a dit un jour « Je ne vis que pour la musique ». Curieusement, il a quitté notre monde, l’année où il avait pris sa retraite après trente années à la tête du célèbre Orchestre Philharmonique de Berlin.

Douze ans auparavant deux psychologues autrichiens avaient étudié son activité cardiaque durant différentes occupations : les plus grandes variations étaient enregistrées alors qu’il dirigeait un passage particulièrement chargé en émotion de l’ouverture Léonore 3 de Beethoven. La même accélération du rythme cardiaque était observée à la réécoute du passage du grand Ludwig. Il y avait dans l’œuvre des passages bien plus éprouvants pour le chef d’orchestre, et lors de ceux-ci l’augmentation du rythme cardiaque restait  toujours bien plus faible. La mesure avait été prise également, à l’atterrissage ainsi qu’au redécollage en catastrophe du jet privé qu’il aimait piloté et à nouveau son rythme cardiaque montrait une très faible activité.

« Avoir le cœur léger », « Avoir à cœur », « avoir le cœur lourd », « avoir gros sur le cœur », cet organe a été considéré depuis longtemps comme le siège de l’âme humaine, de notre vie, de nos états émotionnels. On sait depuis l’avancée de la médecine qu’en plus d’être le moteur vital, la turbine de notre alimentation sanguine, il complète les réactions et stimuli venants du cerveau par son propre réseau de neurones semi-autonomes. Il sécrète sa propre adrénaline qu’il libère lorsqu’il a besoin de fonctionner au maximum de ses capacités. Il sécrète aussi et contrôle une autre hormone l’ANF, qui régule la tension artérielle. Et il produit enfin sa propre Ocytocine, hormone de l’amour. Toutes ces hormones agissent directement sur le cerveau. On peut ainsi pensé que le language du cœur, dans les émotions, n’est pas qu’une image !

En mesurant simplement sur ordinateur, l’intervalle entre les battements successifs du cœur, on repère des variabilités irrégulières et  chaotiques en période d’anxiété, colère, dépression peur ou d’angoisse, qui se traduisent par des zigzags étroits et irréguliers sur le schéma .

Dans les états de bien-être, de compassion et de gratitude, cette variabilité devient « cohérente » : l’alternance d’accélerations et de décélérations du rythme cardiaque devient régulière, rapide. La cohérence maximise la variation au cours d’un intervalle de temps donné et conduit à une plus grande et plus saine variabilité cardiaque.  L’onde harmonieuse qui se dessine sur le schéma de l’ordinateur symbolise parfaitement cette réalité. Cette cohérence du rythme cardiaque se répercute rapidement sur le cerveau émotionnel, auquel elle signifie, en lui apportant de la stabilité, que tout est dans ordre dans la physiologie : le cerveau émotionnel répond en renforçant la cohérence du cœur.

Différentes études ont établi que ce sont les émotions négatives, la colère, l’anxiété, la tristesse et même les soucis banals, qui font le plus chuter la variabilité cardiaque et sèment le chaos dans notre physiologie. A l’inverse, émotions positives, joie, gratitude et surtout amour, favorisent le plus la cohérence. Même le simple fait d’évoquer une émotion positive, un bon souvenir ou une scène imaginée induisent rapidement un état de cohérence.

Les études dans différents centres qui proposent les techniques de cohérence cardiaque à leurs patients, ont montré, après six semaines d’entrainement : 22% de baisse du stress, 34% d’amélioration de la dépression. Après un mois de pratique à raison de 30minutes par jour, cinq jours par semaine, on voit le taux de DHEA augmenter de 100%. La DHEA est qualifiée d’hormone de « jouvence » produite par les surrénales, elle permet une meilleure réponse au stress et augmente la récupération, elle a des effets positifs sur la cognition et améliore la peau. Le taux de cortisol, hormone du stress, baisse, quand à lui de 23%.

 

 « Respirer avec le cœur » exercice de réduction de stress (cliquez ici)